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  3. Retour sur la Journée d’étude de l’Atelier de la donnée en Normandie 2026

Le 9 juin dernier s’est tenue la première journée d’étude de l’Atelier de la donnée en Normandie. Cette rencontre a donné lieu à des échanges particulièrement riches, soulignant que l’ouverture des données de la recherche ne peut se concevoir sans une réflexion préalable sur leur sélection — déterminer ce qu’il convient de conserver, de partager et avec quels objectifs — ainsi qu’une attention soutenue à leur documentation.

L’intervention de Véronique Stoll a rappelé combien les enjeux liés aux données de recherche sont aujourd’hui au cœur des transformations scientifiques, technologiques et géopolitiques. Longtemps considérée comme un objet secondaire, la donnée est devenue une ressource stratégique, dont la valeur repose autant sur sa qualité que sur sa capacité à être comprise, réutilisée et mise en relation avec d’autres jeux de données. Dans ce contexte, l’ouverture seule ne suffit pas : la documentation, la description rigoureuse et la gouvernance des données constituent des prérequis indispensables à leur réutilisation. Ces enjeux invitent également à renforcer le dialogue entre les recommandations nationales portées par le ministère et les pratiques des équipes de recherche, afin de faire émerger une véritable culture partagée de la donnée.

 

Les retours d’expérience présentés au cours de la journée ont été particulièrement appréciés des participants. Ils ont permis d’illustrer concrètement la diversité des dispositifs d’accompagnement déployés dans les établissements normands et le rôle essentiel joué par les référents, les guichets locaux et les bibliothèques universitaires dans l’appui aux chercheurs. La qualité de ces témoignages plaide pour leur reconduction lors des prochaines éditions.

 

La table ronde de clôture, animée par Françoise Guyot et réunissant Zouhair Ait Benhamou, Christine Canet et Véronique Stoll, a mis en lumière les complémentarités entre les démarches de science ouverte et de valorisation de la recherche. Les échanges ont souligné la nécessité de trouver un équilibre entre ouverture et protection des données, dans un contexte où les cadres juridiques demeurent parfois complexes et où les enjeux varient selon les disciplines. Si l’ouverture des données contribue à la transparence, à la crédibilité scientifique et à la reproductibilité des résultats, certaines situations justifient également des restrictions d’accès, notamment pour des raisons éthiques, de sécurité ou de propriété intellectuelle.

 

Les discussions ont également mis en évidence les défis soulevés par l’essor rapide des intelligences artificielles génératives. Les chercheurs sont désormais concernés à plusieurs titres : en tant que producteurs de données, utilisateurs de données et utilisateurs d’outils d’IA. Les risques liés aux usages non maîtrisés des données, à la réidentification de données anonymisées, à la circulation d’informations erronées ou encore à la concentration croissante des acteurs de l’IA appellent une vigilance renforcée. Plus largement, les questions de gouvernance des données apparaissent désormais centrales, notamment dans le cadre des partenariats public-privé, des accords de consortium ou des collaborations de recherche.

Dans ce contexte, l’Atelier de la donnée en Normandie poursuivra son action auprès des équipes de recherche normandes à travers des formations, un accompagnement à la rédaction des plans de gestion de données et un appui tout au long du cycle de vie des données. Ces missions seront renforcées par la mise en place, actuellement en cours, d’un réseau de référents Données au sein des unités de recherche de Normandie. À travers cet accompagnement de proximité, l’Atelier contribue à construire une culture commune de la donnée, au service d’une recherche plus ouverte, plus robuste et mieux préparée aux défis émergents.

Vous retrouverez les supports de la journée ainsi que le programme sur le site http://je-adn.sciencesconf.org.