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Au cœur des enjeux de la Science Ouverte, l’Open Access désigne, pour reprendre la définition du consortium Couperin :

« un mode de diffusion des articles de recherche sous forme numérique, gratuite et dans le respect du droit d’auteur ».

Concrètement, le mouvement de l‘Open Access et les acteurs qui le soutiennent visent à créer un écosystème du savoir où les résultats de la recherche scientifique seraient accessibles à tous, sans distinction de statut universitaire, ressources financières, ou pays d’origine.
On distinguera, en français, l’accès ouvert simple, dit gratis, de l’accès libre aux publications, ce dernier autorisant une certaine latitude dans leur réutilisation fondée sur un système de licences. Le livre de Peter Suber, Qu’est-ce que l’accès ouvert ?, revient en détail sur ces nuances et ces enjeux.

Des pratiques plurielles

Parallèlement à la possibilité laissée aux chercheurs de déposer preprints et publications relues par leurs pairs dans une archive ouverte (voie verte), de nombreux éditeurs scientifiques empruntent désormais directement la voie (dite dorée) de l’accès ouvert, immédiat (sans embargo) et gratuit pour le lecteur, aux textes qu’ils publient. Cette évolution, qui touche principalement les articles de revue mais inclut progressivement les livres, n’est pas uniforme : selon le type d’éditeur choisi et/ou les contraintes et habitudes disciplinaires, elle donne lieu à des pratiques plurielles, pas toujours exclusives les unes des autres. Au sein même de la voie dorée, l’usage est de distinguer entre un modèle auteur-payeur fondé sur une contribution de ce dernier aux frais de publication, et un modèle gratuit pour l’auteur comme pour le lecteur, également appelé voie diamant.

Les APC ou le modèle auteur-payeur

À rebours du modèle éditorial traditionnel du lecteur-payeur (via des abonnements institutionnels), une part non négligeable de l’édition scientifique commerciale fonctionne selon le principe de l’auteur-payeur. Selon les domaines disciplinaires, le ou les auteurs souhaitant publier leur article en libre accès immédiat se voient ainsi demander par l’éditeur une contribution aux frais de publication (dits APC : Article Processing Charges), dont les montants varient entre 300 et 10 000 €.

Pour un aperçu du montant de ces dépenses à l’échelle internationale, le projet Open APC collecte et cartographie les données liées aux APC transmises par les institutions qui collaborent au projet.

La voie diamant ou le financement institutionnel

Édition conçue sous forme numérique, la voie diamant désigne un mode de diffusion des ouvrages et des revues en accès ouvert immédiat, sans frais pour les lecteurs ni pour les auteurs. Ce modèle de publication repose en effet sur des moyens de financement alternatifs : subventions institutionnelles ou privées et/ou offres dites freemium offrant des services supplémentaires, par exemple le téléchargement du texte dans la mise en forme de l’éditeur. La diffusion numérique gratuite n’exclut pas nécessairement la publication du texte au format papier par ailleurs.

Indépendantes des grands éditeurs commerciaux, gérées dans la plupart des cas par la seule communauté universitaire, les revues en accès diamant sont généralement regroupées sur des plateformes de publication : on citera par exemple, pour la France, OpenEdition, le Centre Mersenne, certaines presses universitaires et le réseau Repères, ou, à l’échelle normande, la plateforme Publi-SHS.

Une étude récente évalue à 29 000 le nombre de revues internationales fonctionnant sur le principe de la voie diamant. Une partie de ces revues est indexée dans le DOAJ, répertoire des revues en accès ouvert, après activation du filtre “without articles processing charges”.

 

Prolongeant ce principe du financement, par les institutions de recherche elles-mêmes, du libre accès aux publications scientifiques, de nouveaux modèles émergent pour s’adapter tant aux pratiques des chercheurs qu’à celles des lecteurs. On en citera deux :

  • L’abandon de la forme-revue au profit de la publication d’articles au cas par cas, tout en conservant le principe de relecture par les pairs et certaines spécificités disciplinaires : c’est par exemple le modèle adopté par la Commission Européenne pour la plateforme qu’elle finance, Open Research Europe.
  • L’hybridation entre voie verte et voie diamant, auto-archivage et curation de contenu en libre-accès : la plateforme Episciences, portée par le CCSD, héberge ainsi des revues dont les articles, d’abord déposés dans des archives ouvertes, ont ensuite fait l’objet d’une évaluation scientifique. Selon les disciplines, ces articles peuvent également être regroupés dans des volumes thématiques.